Le Machu Picchu entre les sommets des Andes dans la brume matinale, illustration

Incas

L’empire du soleil

Le dieu Soleil, Inti, voyant que les hommes vivaient comme des bêtes, fut pris de pitié et envoya ses deux enfants leur apporter la sagesse, leur enseigner divers savoir-faire et leur donner des lois, afin qu’ils sortent de la sauvagerie. Ces enfants furent aussi les premiers Incas, Manco Cápac et Mama Ocllo.

Manco Cápac et Mama Ocllo, les premiers Incas de la légende, illustration
Manco Cápac et Mama Ocllo, les premiers Incas

Inti les déposa dans la lagune du lac TiticacaLe plus grand lac d’Amérique du Sud et le plus haut lac navigable du monde, à environ 3 800 m d’altitude, à la frontière du Pérou et de la Bolivie actuels. Dans les traditions andines, il était considéré comme le lieu de la naissance du monde. et leur donna une baguette d’or, en leur disant d’essayer de la planter dans la terre partout où ils s’arrêteraient. Là où la baguette s’enfoncerait d’un seul coup, ils fonderaient une ville et une cour royale. La terre engloutit la baguette d’or sur une colline (Huanacauri), et c’est là que fut fondée Cuzco, capitale du plus grand empire de l’Amérique précolombienne.

Cette légende et quelques autres légendes andines qui racontent la naissance de la civilisation inca, bien qu’elles diffèrent entre elles, sont reliées par un même mythème : Manco Cápac et Mama Ocllo sont les premiers Incas.

Le Tahuantinsuyu

Carte de l’Empire inca, le Tahuantinsuyu, avec ses quatre provinces
Les quatre parties de l’empire : Chinchaysuyu, Cuntisuyu, Antisuyu et Collasuyu

L’Empire inca s’appelait Tahuantinsuyu, ce qui signifie « l’empire des quatre parties du monde », et se composait de quatre parties : le Chinchaysuyu, le Cuntisuyu, l’Antisuyu et le Collasuyu. Il s’étendait le long de la côte de l’océan Pacifique et de la cordillère des Andes sur plus de 4 000 km, de l’Équateur actuel au Chili, et couvrait 950 000 kilomètres carrés. Sa capitale était Cuzco.

Selon la légende, il y eut treize rois incas, mais, faute de preuves, les huit premiers sont considérés comme mythiques ; c’étaient probablement des chefs. L’histoire des Incas commence au XVe siècle, sous le règne de Pachacutec Inca YupanquiMonument à Pachacutec Inca Yupanqui à Aguas CalientesPachacutec Inca Yupanqui Monument à Pachacutec Inca Yupanqui, Aguas Calientes, Machu Picchu. (1438–1471), et dure environ cent ans.

L’empire était relié par un magnifique réseau de routes, à la construction et à l’entretien desquelles les Incas consacraient beaucoup de ressources. Ces routes furent assurément l’un des instruments les plus efficaces pour soumettre d’autres peuples et étendre l’empire. De Cuzco partaient quatre routes principales, qui reliaient les quatre parties de l’empire. Le long de ces routes se trouvaient des relais, ainsi que des entrepôts de vivres et d’équipement militaire (tambos), et l’on pouvait atteindre chacun d’eux en une journée de marche.

Là où il fallait franchir les canyons profonds et larges des grands fleuves, on construisait des ponts suspendusPont suspendu inca en cordes tressées au-dessus d’un canyonPonts suspendus D’épaisses cordes tressées en fibres végétales et renforcées par des baguettes de bois posées en travers, fixées de part et d’autre du canyon à de solides structures de pierre ou à des rochers. Deux chevaux pouvaient franchir ces ponts en même temps, sans risque de les voir s’effondrer.. Sans ces routes bien entretenues, les Incas n’auraient pas disposé d’un réseau efficace de messagers (chasquisChasqui, messager inca en pleine course, illustrationLes messagers chasquis Ils n’étaient employés que pour les besoins de l’État ou se trouvaient au service du souverain. Ils transmettaient des rapports sur l’état des ressources consignés à l’aide de quipus, ou délivraient les messages oralement. Des relais étaient disposés le long des routes, à de courtes distances, afin que le messager fatigué transmette le message à un messager reposé ; la chaîne se poursuivait ainsi jusqu’à la destination finale.) pour transmettre leurs messages.

Cuzco (entre histoire et mythe)

La forteresse de Sacsayhuamán au-dessus de Cuzco, aux murs faits d’énormes blocs de pierre
La forteresse de Sacsayhuamán, au-dessus de Cuzco

En quechua (runa simi, la langue des hommes), qui était aussi la langue officielle de l’empire, Cuzco signifie « nombril du monde ». Selon la tradition, la ville fut fondée par le premier Inca, Manco Cápac, vers le XIIe siècle. Elle est située dans les Andes, à environ 3 500 mètres d’altitude. La ville est divisée en deux parties, la haute (Hanan) et la basse (Hurin). Cuzco figurait le corps d’un pumaPlan de Cuzco en forme de puma et drapeau de la ville aux couleurs de l’arc-en-cielCuzco en forme de puma Plan de la ville et drapeau de Cuzco (couleurs de l’arc-en-ciel)., dont la tête aux dents acérées était incarnée par la forteresse.

L’expansion de l’Empire inca commence avec la défense de Cuzco et la soumission du peuple chanca. L’histoire officielle nous dit que cela se produisit sous le règne de Pachacutec Inca Yupanqui (1438–1471). L’Inca Garcilaso de la VegaL’Inca Garcilaso de la Vega, portraitL’Inca Garcilaso de la Vega (1539–1616) était le descendant d’un conquistador espagnol et d’une princesse inca. Il écrivit à partir des récits que lui faisaient ses parents du côté maternel (la noblesse inca). Il publia la première partie des « Commentaires royaux » en 1609, et la seconde parut à titre posthume en 1617. L’Inquisition et le pouvoir espagnol détruisirent et interdirent ses livres, et ce n’est qu’au XVIIIe siècle qu’on put de nouveau les lire. n’est pas de cet avis. Dans son célèbre livre, les « Commentaires royaux des Incas », il affirme que les chroniqueurs espagnols ont confondu Pachacutec Inca Yupanqui avec son père, l’Inca Viracocha.

L’armée inca en campagne à travers les Andes, illustration
L’armée inca

L’Inca Viracocha reçut un présage du dieu Viracocha lui-même, qui lui dit en songe que les ChancasMonument à un guerrier chancaLes Chancas Monument au peuple chanca. s’apprêtaient à renverser Cuzco et la domination des Incas, qu’ils viendraient avec une grande armée, qu’il fallait préparer la défense et qu’Inti (le Soleil) les y aiderait. Trois mois après ce songe, la province du Chinchaysuyu, où vivaient les Chancas, se souleva contre les Incas, et une grande expédition se prépara contre Cuzco. Cette armée comptait plus de 30 000 guerriers et avait à sa tête le vaillant chef de guerre Hanco Huallu.

Tandis que cette armée redoutable avançait vers Cuzco, la panique s’installa et une grande partie de la ville prit la fuite, avec son roi Yahuar Huacac. Dans ce chaos, le prince Inca Viracocha rassembla les soldats en fuite (environ 12 000) et tous ceux qui pouvaient porter les armes, et les appela à revenir défendre la ville avec lui. Pendant qu’il regroupait son armée dispersée, il envoya des messagers dire aux Chancas qu’il leur pardonnerait leur révolte s’ils rentraient chez eux. Hanco Huallu fit répondre : « Demain, on verra qui est roi et qui peut pardonner à qui. »

Au son des trompes et des conques, l’armée inca, bien qu’inférieure en nombre, résistait à l’assaut des guerriers chancas. Après plusieurs heures d’un combat sanglant, les Chancas commencèrent à fléchir, car les Incas recevaient des forces nouvelles et fraîches venues d’autres provinces, ainsi que les soldats en fuite que le prince n’avait pu rassembler d’emblée. Les guerriers incas criaient que le présage reçu par l’Inca Viracocha s’était réalisé et que le dieu Soleil, Inti, s’était mis à changer les pierres en guerriers. Les Chancas, superstitieux, qui étaient alors en train de perdre une bataille presque gagnée, se rendirent après huit heures de combat. Environ 8 000 guerriers incas périrent, tandis que les Chancas en perdirent plus de 20 000.

La religion

Participants à la cérémonie de l’Inti Raymi en costume inca, Cuzco
Rite consacré au dieu Soleil

En étendant leur empire, les Incas imposèrent leur domination politique et économique aux tribus et aux peuples soumis, mais, dans la plupart des cas, ils respectèrent leurs traditions et leur esprit religieux. Bien qu’ils aient imposé leur religion d’État, le culte du Soleil, tous les peuples soumis pouvaient librement cultiver leurs croyances et conserver leurs divinités, qui relevaient le plus souvent du culte de la nature.

Les peuples andins croyaient que le monde était né de la pierre, élément primordial, à laquelle la puissante divinité Apu Kon Tiki Viracocha aurait insufflé l’esprit et donné la vie. Viracocha était tenu pour le créateur de tout ce qui existe. Garcilaso de la Vega affirme que Viracocha n’était pas la divinité suprême et que les chroniqueurs espagnols, par méconnaissance de la langue, l’ont mal interprété : il aurait été en réalité le fils du dieu Soleil, Inti. Il ne s’accorde pas non plus avec les chroniqueurs espagnols sur le fait que les Incas auraient pratiqué des sacrifices humains ; au contraire, dit-il, ils interdisaient de tels rituels.

La place la plus éminente dans la religion inca revenait au dieu Soleil, Inti. En son honneur, les Incas élevèrent une multitude de temples et lui consacrèrent des cérémonies. À Cuzco se trouvait le magnifique temple de Coricancha« La cour d’or », le temple le plus important de l’empire, consacré à Inti. Les Espagnols le pillèrent et élevèrent sur ses fondations l’église et le couvent de Santo Domingo, qui reposent aujourd’hui encore sur les murs incas. (la Cour d’or), dont les murs intérieurs étaient revêtus d’or. L’une des principales fêtes consacrées à Inti était l’Inti RaymiLa fête du Soleil, l’Inti Raymi, à Cuzco, avec des participants en costume rougeInti Raymi Fête du Soleil, nouvel an inca, toujours célébrée à Cuzco., le nouvel an inca, que l’on célèbre encore de nos jours.

Le monde était divisé en trois niveaux spirituels verticaux :

  • Hanan Pacha – la voûte céleste
  • Pacha Mama – le monde terrestre
  • Uku Pacha – le monde souterrain, où demeurent les morts

Dans ces trois mondes demeuraient des esprits appelés huacasUne huaca est tout ce qui est sacré : une montagne, une source, un rocher, un temple ou un ancêtre. Les huacas étaient honorées par des offrandes et des rites dans chaque région de l’empire.. Les huacas constituaient le fondement de la religion populaire, qui s’est fondue dans la religion d’État du culte solaire.

Organisation sociale et lois

La vie quotidienne dans une ville inca, tableau
La vie quotidienne dans l’Empire inca

Le fondement du système social était l’ayllu, une sorte de communauté de parenté. Les membres de l’ayllu partageaient un territoire commun et recevaient une portion de terre appelée suyu. Une partie du revenu de cette terre allait à l’empereur, à titre d’impôt pour les besoins de l’État et de la religion, tandis que le reste revenait à la communauté, qui le répartissait entre ses membres. Il s’agirait donc d’une sorte d’économie solidaire soumise à l’impôt. L’ayllu avait son représentant, un chef appelé curaca, qui l’organisait et répondait de lui devant l’empereur.

Les travaux raffinés et complexes d’aménagement du terrain témoignent de leur capacité à remodeler et à transformer la nature (par exemple, les célèbres terrasses, utilisées comme surfaces cultivables). Au sein de l’ayllu, ni la polygamie ni l’inceste n’étaient permis. Seule la famille impériale pouvait jouir de ce privilège, afin de préserver la pureté du sang. Outre les activités habituelles, l’État exigeait des membres de l’ayllu la mitaTravail obligatoire et gratuit pour l’État, effectué à tour de rôle. C’est ainsi que furent construits les routes, les ponts, les terrasses et les temples de l’empire. Les Espagnols transformèrent plus tard la mita en travail forcé dans les mines d’argent., c’est-à-dire l’obligation de travailler gratuitement au profit de l’État. Cette obligation concernait les hommes de 25 à 50 ans et comprenait la construction et l’entretien des routes, des temples, des palais, etc.

L’instruction s’acquérait dans les maisons du savoir (Yachaywasi), que seuls fréquentaient les hommes d’origine noble. La scolarité durait quatre ans. On y apprenait la langue, la religion, l’interprétation des quipusQuipu, document inca fait de cordelettes à nœudsQuipu Le système de nœuds sur des cordelettes permettait de transmettre des messages. À l’aide des nœuds, on effectuait des calculs en unités, dizaines et centaines, et, à l’aide des couleurs, on désignait les ressources et les personnes. Ce système a été déchiffré en 1912 par Leslie Leland Locke., l’histoire de l’empire, l’art de gouverner et l’art militaire. Si les élèves désobéissaient, le maître (amauta) pouvait les fouetter sur la plante des pieds, mais si le maître maltraitait les élèves, on lui coupait la main droite.

Les lois des Incas étaient très sévères et respectées. Il n’y avait pas de privilèges et nul n’était au-dessus des lois, pas même les nobles. Dans l’empire, le vol, la désobéissance, le meurtre, l’adultère, l’avortement, la prostitution, etc., étaient interdits et sévèrement punis. Les grands criminels finissaient dans la prison de Sankay Huasi, un bâtiment construit en pierres taillées en pointe, tranchantes comme des couteaux, et rempli de bêtes féroces et venimeuses. Si, par hasard, le condamné survivait aux attaques des animaux, le souverain lui accordait la liberté et lui rendait tous ses privilèges, s’il était noble. Voir cette histoire en courte vidéo

La chute de l’empire (les événements de Cajamarca)

Exécution d’Atahualpa en 1533, l’empereur inca attaché à un poteau et entouré d’Espagnols, gravure
Atahualpa prisonnier des Espagnols

À l’issue de la guerre civile qui avait éclaté entre les deux rois, Huáscar et AtahualpaHuáscar et Atahualpa, portraits sur une carte de l’Empire incaHuáscar et Atahualpa Frères et rivaux dans la guerre civile qui affaiblit l’empire juste avant l’arrivée des Espagnols., Atahualpa accéda au pouvoir par sa victoire, en 1532. La même année, les Espagnols pénétrèrent sur le territoire inca et furent les premiers Européens à fouler les Andes. La population, voyant des hommes barbus montés sur de grands animaux étranges, crut que le dieu Viracocha était arrivé. Les nouvelles se répandirent vite à travers l’empire, et Atahualpa envoya des présents aux Espagnols, ainsi qu’une invitation à venir à Cajamarca, où il campait avec ses 80 000 guerriers.

Francisco PizarroFrancisco Pizarro, portrait du conquistador espagnolFrancisco Pizarro (1478–1541). Né dans la petite ville espagnole de Trujillo. Dans sa jeunesse, il fut porcher, puis devint conquistador. Il quitta l’Espagne et vécut quelque temps dans l’actuel Panama, d’où il partit à la recherche de l’Eldorado., chef de l’expédition, qui avait quitté l’Amérique centrale avec 168 hommes bien armés, accepta l’invitation d’Atahualpa. Le 15 novembre 1532, il arriva à Cajamarca, où il s’installa avec ses conquistadors au centre même de la ville et se prépara à la rencontre du lendemain avec l’empereur. Cette nuit-là, aucun des conquistadors ne dormit, et certains, de peur, allèrent jusqu’à uriner sur eux sans pouvoir se retenir.

Lorsque cette nuit éprouvante pour les Espagnols fut passée, tout était prêt pour le piège où l’on devait capturer l’empereur. Atahualpa, avec sa suite de 5 000 à 6 000 hommes sans armes, se porta à la rencontre de Pizarro. Lorsqu’il arriva sur la place, il n’y avait personne. Il pensa sans doute que ces hommes étranges avaient pris peur et s’étaient déjà enfuis ; c’est alors que parut Valverde (Vicente de Valverde). C’était un prêtre espagnol, qui s’adressa à l’empereur dans une langue incompréhensible, lui disant que lui et ses sujets devaient se convertir au christianisme, puis lui remit une Bible, qu’Atahualpa tourna entre ses mains avec étonnement avant de la jeter à terre.

Ce fut le prétexte, ou plus exactement le signal de l’attaque. Par le feu de leurs armes, que les Incas n’avaient jamais vues, les Espagnols semèrent la peur et la panique parmi ces hommes sans armes. Dans ce chaos, ceux-ci étaient une cible facile pour la cavalerie, qui les faucha sans peine. Plusieurs milliers de personnes furent tuées, et Pizarro captura lui-même Atahualpa.

Les appartements impériaux de Cajamarca furent transformés en prison pour Atahualpa, gardé en otage et en garantie que les Incas n’attaqueraient pas les Espagnols. On lui promit de ne pas le tuer s’il livrait de l’or. Atahualpa leva la main et dit qu’il remplirait la pièce d’or jusqu’à cette hauteur. L’or de tout l’empire fut fondu pour payer la rançon ; on fondit environ 20 tonnes d’or et d’argent. La valeur artistique des objets d’or, désormais réduits en lingots, fut irrémédiablement détruite. Une fois l’or obtenu, Pizarro ne tint pas sa promesse et fit exécuter Atahualpa le 29 août 1533. L’Empire inca se désagrégea et les Espagnols devinrent les nouveaux maîtres des Andes.

Même s’il semble à première vue que l’Empire inca est tombé si vite parce qu’il était décimé par la maladie et la guerre civile et parce que les conquistadors avaient des fusils et des chevaux, tout cela ne suffisait pas à détruire l’Empire inca en un seul jour. L’arme la plus puissante des Espagnols fut la stratégie et la ruse, plus précisément la capture de l’empereur. Cette stratégie, Pizarro la connaissait très bien, l’ayant apprise de son prédécesseur Hernán Cortés, qui avait conquis l’Empire aztèque de manière semblable. L’Empire inca a été détruit par un seul et unique livre, qui s’intitule « Manuel à l’usage des futurs conquistadors – Hernán Cortés ».

Le Machu Picchu

Maisons de pierre à pignons et terrasses au Machu Picchu
Le Machu Picchu

Après la chute de l’empire, le dernier empereur inca se retira dans une cité de montagne appelée Vilcabamba. Cette cité fut le dernier vestige du grand empire et dura environ 35 ans, jusqu’à ce que les Espagnols la détruisent, en 1572. Comme il n’existait pas de sources écrites sur son emplacement, la légende de Vilcabamba naquit, et de nombreux explorateurs tentèrent de la retrouver. L’un d’eux fut Hiram BinghamExplorateur américain et professeur à l’université Yale (1875–1956). Ses découvertes, publiées dans la revue National Geographic, ont rendu le Machu Picchu célèbre dans le monde entier., qui, en cherchant Vilcabamba, découvrit le Machu Picchu le 24 juillet 1911. Le premier indice qu’il ne s’agissait pas de Vilcabamba était que le Machu Picchu est une cité intacte ; les Espagnols, en effet, profanèrent tous les lieux sacrés des Incas qu’ils trouvèrent.

On considère que Pachacutec Inca Yupanqui fit construire le Machu Picchu et que cette cité servait de résidence royale. La cité elle-même comprenait la résidence royale, des autels, des temples, des maisons, des fontaines (il y en avait 16) et des canaux d’adduction et d’évacuation de l’eau. Le Machu Picchu n’aurait pas été viable si les bâtisseurs et les ingénieurs incas, d’un talent exceptionnel, n’avaient pas construit un nombre immense de terrasses pour soutenir ce magnifique ensemble.

Les terrasses servaient de petites exploitations agricoles, mais leur rôle principal était de maintenir la montagne en place et d’empêcher l’érosion. C’était une sorte de système de drainage et de filtration de l’eau, car les précipitations abondantes, au lieu de provoquer des éboulements, s’infiltraient peu à peu dans le sol. À l’intérieur des terrasses se trouvaient plusieurs couches : en surface, de la terre, en dessous, une couche de sable, puis une couche de gravier et de grosses pierres. Bien que le lieu fût difficile et peu accessible pour la construction, deux éléments essentiels sont à prendre en compte : il y avait à proximité une source d’eau potable ainsi que de grandes réserves de granit, si bien que le Machu Picchu disposait de sa propre carrière.

Vue panoramique du Machu Picchu avec le sommet du Huayna Picchu
Vue panoramique du Machu Picchu